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Édito : Signaux « forcés » ou signaux faibles …

Dans quelques semaines, la France va accueillir et présider la COP 21, conférence cruciale en vue d’un nouvel accord international visant à limiter les émissions de GES et l’ampleur du réchauffement et du dérèglement climatiques. Cette (très) grand-messe à l’échelle des Nations Unies est assez éloignée et n’aura d’ailleurs pas d’impact sur la vie de nos entreprises du secteur de l’environnement et de la transition énergétique. Mais la COP 21 sera le révélateur de la capacité des Etats à prendre des décisions et des engagements forts face à un défi planétaire dont, collectivement, nous avons en réalité du mal à appréhender l’ampleur des conséquences.

Comme pour les festivals, il faut savoir sortir du programme officiel du « in » et plonger dans le foisonnement des manifestations du « off ». Impossible de les lister ici tant elles sont nombreuses et initiées par une grande diversité d’acteurs, qui veulent tous apporter leur pierre à l’édifice.

A notre échelle, l’équipe de Demeter Partners et les entreprises de nos portefeuilles sont intervenues et interviendront dans de multiples débats, tables rondes, réunions de travail, pour témoigner de leurs actions au quotidien en faveur d’une économie réduisant son impact sur l’environnement et le climat, dans une logique entrepreneuriale de croissance profitable. Nous avons par exemple eu le privilège de faire intervenir Jean-Marc Lacave, PDG de Météo France, lors de notre Club Entrepreneurs Demeter ; il a présenté avec passion et rigueur les observations et modélisations sur l’évolution du climat, aux échelles globale et locale et les outils développés par l’établissement.

Nous ne croyons pas au Grand Soir et on peut légitimement se demander si la Conférence n’aura qu’un effet temporaire, chacun se sentant obligé d’apporter sa contribution « labellisée COP 21 » en cette fin 2015 avant que les bonnes résolutions ne s’estompent en 2016.

Davantage que dans ces signaux « forts » mais peut-être « forcés », notre optimisme résulte d’une multitude de signaux « faibles », avec moins voire pas de retentissement dans un flux d’informations toujours plus riche, mais qui sont peut-être les révélateurs furtifs d’une vraie rupture. Nous vous en proposons quelques-uns :
Le discours de Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, au Lloyds of London, sur les risques liés au dérèglement climatique pour la finance, en particulier pour les assureurs et les gestionnaires d’actifs, du fait des évènements météorologiques extrêmes devenant la norme, de la nécessité de faire évoluer les business models vers le bas carbone, de la possible responsabilité juridique des émetteurs de CO2;

 – Le succès du Business & Climate Summit et du Climate Finance Day qui ont regroupé plus de 3000 acteurs économiques à Paris en Mai 2015 ;

 – Les déclarations de groupes industriels ou d’investisseurs institutionnels en faveur de l’instauration de mécanismes cohérents et globaux de tarification du CO2  ou  leur retrait des projets lié au charbon ;

– Les travaux de la CRE et du gouvernement envisageant de transférer le financement de la CSPE des consommateurs d’électricité vers les consommateurs d’énergie fossile ;

 – L’arrivée de nouveaux acteurs – qui ne viennent pas tous des Etats Unis ! – innovants et disruptifs dans les secteurs fortement contributeurs en GES de la mobilité et de la production et du stockage de l’énergie ;

 – Le rachat de The Weather Company (holding de Weather Channel) par IBM, qui acquiert pour 2 milliards de dollars une colossale base de données climatiques ;

 – Et bien sûr, l’investissement du premier producteur privé d’électricité dans le monde, Engie, dans une très belle ETI Française, Solaire Direct, créée par une équipe d’entrepreneurs hors normes démontrant l’émergence du photovoltaïque compétitif …En observateurs avertis, vous avez probablement identifiés d’autres signaux, peut-être contradictoires. Nous serons toujours heureux d’en débattre avec vous !

Stéphane Villecroze, avec la complicité de Sophie Paturle et Lionel Cormier