
En avant vers
la « parité solaire »
Le 29ème salon
de l’énergie solaire photovoltaïque de Valencia, qui vient de se
clôturer, arrive à point nommé pour redonner du baume au cœur à
nos économies qui s’enfoncent petit à petit dans la crise.
Quel plaisir de voir 4000 chercheurs et 1000 exposants ainsi
réunis et débordant d’optimisme devant les perspectives de
croissance mondiale. En effet malgré la forte révision à la
baisse des tarifs de rachat espagnols (nous attendons
incessamment la publication du décret royal qui précisera le
nouveau dispositif), d’autres marchés se développent en Europe –
en France en premier lieu – et dans le reste du monde, sachant
que peu de pays ont à ce jour investi dans ces technologies.
Il est vrai que, à première vue, cette énergie rassemble bien
des qualités : pas de CO2, pas de bruit, intégration possible
dans les constructions, énergie décentralisée…
Comme d’autres, nous sommes persuadés chez DEMETER que les
prochaines années verront un développement très important des
marchés sous l’impulsion d’une baisse accélérée des prix de
revient, de l’amélioration des rendements et de la mise sur le
marché de nouvelles technologies (couches minces) et de nouveaux
matériaux.
Nous nous y préparons en prenant position à la fois dans l’aval
de la filière (notamment avec Solaire Direct en France,
spécialisé dans l’ingénierie et la fourniture clés en mains de
parcs solaires et d’installations individuelles) et dans l’amont
(voir notre récent investissement dans Sulfurcell à Berlin,
technologie CIGS).
Gardons-nous toutefois à nouveau d’un engouement excessif :
N’oublions d’abord pas que le système vit aujourd’hui grâce à
des tarifs de rachat imposés qui coûtent cher à la collectivité
et que, dans ces temps d’austérité budgétaire, il y aura
logiquement des pressions pour les baisser, avec le risque
collatéral de réactions brutales du marché, comme nous allons le
voir en Espagne.
On a également tendance à oublier que la production elle-même de
ces panneaux nécessite beaucoup d’énergie et on est demandeur,
comme dans le cas des biocarburants, de bilans globaux
certifiés. Certains matériaux ou ressources utilisés peuvent
devenir des ressources rares (exemple : Tellurium) ou pire être
des polluants notoires (métaux lourds).
Dans ce monde médiatique habitué à zapper de mode en mode, il ne
faudrait pas en outre que cet engouement soit un prétexte pour
enterrer les autres énergies renouvelables tant il est vrai
qu’elles sont bien souvent complémentaires dans leur production
et leur utilisation. (C’est ainsi que nous avons été choqués de
voir cet été se développer une sorte de bronca anti-éoliennes).
Enfin et surtout nous devons garder à l’esprit qu’il ne s’agit
pas de créer – à tout prix – de nouveaux produits de
consommation mais de résoudre un problème collectif.
Concernant la France, nous sommes très heureux de saluer la
présence d’un grand scientifique français Daniel Lincot à la
présidence du comité scientifique du congrès de Valencia.
Cette joie doit cependant être tempérée par la quasi absence de
sociétés françaises parmi les exposants.
Or chaque nouveau marché est l’occasion de voir de jeunes
pousses émerger pour devenir de futurs champions mondiaux tels Q
Cells en Allemagne bousculant les groupes existants qui ont plus
de mal à saisir les opportunités nouvelles. Mais bien que nous
ayons, grâce à Becquerel en 1839, découvert l’effet
photovoltaïque, nos futurs champions n’existent toujours pas.
Nous avons toujours la même difficulté pour passer de la théorie
à la pratique, la même lourdeur administrative qui décourage les
initiatives et le même manque d’attrait pour l’industrie.
Et pourtant plus que jamais il nous faut le faire, en jeu rien
moins que notre indépendance énergétique et les emplois
qualifiés de demain.
Nos responsables politiques en ont parfaitement conscience :
c’est le sens de la création par Luc Chatel et Nathalie
Kosciusko-Morizet du Comité Stratégique pour les Eco-Industries,
dont j’ai l’honneur de présider le comité PME, et qui doit
proposer avant la fin de l’année des mesures concrètes (autres
que des subventions diverses !) pour créer cette industrie et
ces PME dont nous avons besoin. Rendez-vous donc dans quelques
mois.
Pour finir quelques nouvelles de DEMETER : notre été a été
studieux !
3 nouveaux investissements pour DEMETER 1 (encore 2 et le
portefeuille sera complet), cession d’une société avec multiple
de 2,3, TRI portefeuille « bloqué » à 35 % et, last but not
least, 1er closing de DEMETER 2 le 12 septembre à 125 M€.
L’objectif de 200 M€ sera probablement dépassé dans quelques
semaines. Nous aurons ainsi les capacités d’investissement
nécessaires au meilleur moment, tant il est vrai que les
périodes de récession sont en général très favorables aux
investisseurs avisés (que nous espérons être) focalisés et
déterminés (que nous sommes) disposant de liquidités (ce que
nous avons).
Merci encore à nos fidèles principaux souscripteurs (CDC, IFP,
ROBECO, CARDIF, CIC, CNP) et bienvenue aux nouveaux (TOTAL, Crédit
Coopératif, Dahlia) et aux futurs (Français et Internationaux
!).
Bonne rentrée à
tous!
Le 15 septembre 2008
Olivier DUPONT
Président du Directoire